Pratiquer le clown de théâtre…

Pratiquer le clown de théâtre c’est expérimenter la vie, la rencontre de l’autre, l’autre comme partenaire et l’autre comme spectateur. C’est apprendre à être tour à tour spectateur et acteur de ses propres émotions, à être présent. Pratiquer le clown de théâtre, c’est faire et refaire l’expérience de la corrida, tour à tour torero ou taureau mais sans mise à mort. Alors il faut en profiter!

Alain Bouthier

Le clown de théâtre

Le clown joue et ça le fait jubiler. Ce qui se déroule, ce qu’il ressent positif ou négatif, il joue avec, il expérimente et finalement le transforme et en fait quelque chose de drôle, de poétique, de tragique, d’émouvant, de beau, de triste, d’inattendu… Bref il n’arrête pas de faire quelque chose de sa vie et de rebondir sur le chemin.

Le clown est sincère parce qu’il reçoit, reconnaît, puis accepte ce qui se passe et ce que cela lui fait. Il n’enfouit rien, il s’avoue tout, et cela le rend libre de décider la suite de ce moment qu’il vient de vivre. Alors il s’engage vivant et conscient du chemin qu’il emprunte.

Le clown est Ancré parce qu’il a conscience de ses émotions, de ce qui se passe en lui, Vertical parce qu’il est ouvert et conscient de ce qui se passe à extérieur, chez les autres, dans la situation, et il est Relâché parce qu’il accepte que tout cela ait lieu et qu’il va faire avec.

Le clown ose sa vie, la vit comme une succession d’expériences où il reçoit, ressent, prend conscience, décide, agit, donne en laissant un espace aux autres.

Alain Bouthier

Le clown de théâtre

« Si  l’univers du clown est drôle et poétique, il y a néanmoins, tout un jeu profond et complexe entre le comédien et son clown.

Derrière ce personnage rêveur et émouvant, le comédien avance masqué, caché derrière son nez.

Pourtant le travail du clown est basé sur la sincérité de l’instant présent. Sans la sincérité du comédien derrière le nez, pas de clown crédible.

Cette dualité entre camouflage et authenticité est au cœur de la nature du clown et oblige la personne à se déplacer, à se dépasser… une expérience de conscience de soi fondatrice de plus de présence : à la scène comme à la ville.

Un exercice dont aucun apprenti comédien, ne devrait faire l’impasse. »

© Gérard Gallego